Dès le début de ma maladie, j'ai eu un grand besoin de comprendre pourquoi. J'avais 36 ans, j'avais toujours été en bonne santé, jamais fumé, je buvais très peu, j'essayais de manger sainement. La première question qui m'est venue a été pourquoi moi ? Pourquoi si jeune ? La phase de sidération de l'annonce a vite laissé place à tout un tas de questionnements. La culpabilité n'est jamais très loin losqu'on se rend compte que ce n'est pas une maladie qu'on "attrape", comme lorsque l'on contracte un virus, mais que c'est bel et bien nos propres cellules qui mutent et deviennent agressives envers nous-même. Au moment où on est le plus faible psychologiquement, ces cellules "pleines de vie" et qui semblent invicibles, nous menacent depuis l'intérieur de nous-même. On se demande alors ce que l'on a bien pu faire ou vivre qui justifie une telle rebellion interne et surtout, comment comprendre ce qui se passe en nous-même afin de pouvoir combattre et sauver sa peau. Ce besoin de comprendre est né assez tôt chez moi, et les lectures des malades et des médecins spécialistes en la matière m'ont beaucoup aidées à mieux "comprendre" et surtout apréhender la maladie, inextricablement liée à mon désir ardent de rester en vie pour profiter de chaque instant et pour ma famille et mes proches. Je propose ici de vous faire partager les livres qui m'ont le plus touchée, qui m'ont aidée dans mon cheminement de vie depuis la maladie.

 

Le livre du Dr Philippe Dransart "Renaître à la vie pour guérir d'un cancer" m'a beaucoup aidée à approcher et à comprendre le pourquoi de la maladie. Je tenais à le remercier très chaleureusement pour les nombreuses phrases qui ont fait un écho incroyable à ce que j'ai vécu et ressenti depuis que je suis malade. Il arrive à voir et percevoir au delà de la maladie et de la vision carthésienne souvent rencontrée en médecine. Sa vision est très complémentaire et permet de passer d'un monde en 2 dimension à un monde en 3 ou 4 dimensions, ce qui permet au malade de prendre de la hauteur et de se voir "de l'extérieur". Comprendre certaines choses permet de se sentir "acteur" de sa guérison. Dans certains traitements, on a parfois l'impression d'être un réceptacle à médicament (en chimio par exemple, je vérifiais toujours qu'on m'administrait le bon médicament, avec la bonne dose, et je voyais bien que je passais pour une personne bizarre.) Pour combattre et pour remettre les choses en ordre à l'intérieur de moi, j'avais besoin de comprendre ce qui avait bien pu passer par la tête de mes cellules pour se retourner ainsi contre moi. Je pensais jusqu'à présent avoir toujours pris soin de mon corps et de mon esprit, mais peut être y avait il eu des failles que je n'avais pas perçu où que j'avais refusé de voir. J'ai pourtant un caractère franc et je n'ai pas tendance à "faire l'autruche" lorsqu'un problème se présente et en général je suis fière de moi lorsque j'arrive à surmonter une difficulté.

En ce qui me concerne, j'ai été Chef de Projet et j'ai enseigné cette matière pendant de nombreuses années, l'idée de se projetter dans le futur et d'organiser sa vie a donc toujours été comme une seconde nature pour moi. La maladie a fait basculer mes certitude et m'a poussée à me remettre en question, et même changer de point de vue sur tout un tas de choses. J'ai un caractère très fort (demandez à mon mari, mes enfants et mes plus proches amies), et inicier ce processus de changement n'a pas été simple. Il était cependant important afin de prendre le recul nécessaire pour écouter ce que mon corps avait à me dire. J'ai mis du temps à comprendre que les cellules qui m'attaquaient, le faisait pour me faire comprendre quelque chose qui s'était bloqué en moi, sans que je m'en aperçoive. J'ai eu une enfance heureuse, malgré une rivalité avec ma petite soeur, entretenue par mes parents. Les vraies difficultés de la vie sont arrivées à l'âge adulte lorsque mes beaux parents ont engagé une procédure judiciaire de garde partielle pour mon petit de 14 mois. Le choc et le combat qui en ont résulté ont été incroyablement difficiles, mais contrairement à ce que l'on aurait pu penser, cela a consédirablement renforcé mon couple car nous sommes toujours restés très unis dans cette épreuve. Cela a soudé notre petit cocon, et nous avons fait face ensemble. Nous avons heureusement pû être rétablis dans nos droits après 3 ans de procédure et d'angoisse. Ce calvaire a pris fin en Septembre 2009, et nous avons enfin pu tourner la page et se tourner vers l'avenir de façon sereine. Mon cancer est arrivé en février 2014, soit près de 5 ans après cet épisode douloureux. Lorsque j'ai su qu'un évènement psychologique était souvent à l'origine du cancer, j'ai donc pensé à cet évènement qui avait été le plus traumatisant de toute ma vie. Cependant, 5 ans semblaient un délai trop long pour que cela puisse avoir eu un impact direct sur ma santé. Peut être cela m'avait-il fragilisé mais il était à priori peu probable que ce soit l'unique cause. D'après le Dr Dransart, la maladie apparaît en général entre 2 et 18 mois après un évènement impactant. J'ai donc dans ma tête fait un rétropédalage pour me demander ce qui dans ce laps de temps pouvait avoir eu un impact profond sur moi. En 2012, j'ai quitté un poste de cadre d'une entreprise où j'était comme dans un petit cocon, pour tout remettre en question et passer les concours de professeurs. Depuis 3 ans j'enseignais déjà à l'université et mon entreprise délocalisait petit à petit tous les services de l'entreprise, j'ai donc été placée face à un choix cornélien: est-ce que je reste encore ou est-ce que je me porte volontaire au départ ? J'ai un mari, deux enfants, le crédit d'une maison, le salaire le plus important du foyer, est-ce justifié de tout mettre en péril pour un avenir incertain où je ne suis même pas sûre de pouvoir avoir le concours, à plus de 30 ans... Entre le moment de la décision et le départ effectif, il s'est passé 2 ans 1/2 pendant lesquels je n'ai pas été très heureuse. Je suis quelqu'un de perfectioniste et le fait de savoir que j'allais partir a été difficile à vivre. Je pense avec le recul que j'ai stressé plus que je ne l'avais intellectualisé, ayant raté le concours une première fois, de surcroit à l'oral. J'ai toujours été très exigeante avec moi-même et cet échec a été difficile à encaisser. J'ai eu besoin de temps pour me remettre dans les études, le processus d'apprentissage mais aussi et surtout il a fallu que je me remette beaucoup en cause pour comprendre le moule dans lequel je devais me fondre afin de réussir ma reconversion. J'ai souffert du manque d'empathie de l'entreprise face aux centaines d'employés virés alors que l'entreprise faisait des bénéfices. Former ceux qui allaient nous remplacer était aussi une étape douloureuse. Je partais avec de belles idées, pleine d'espoir de travailler enfin avec de l'humain et plus du tout pour des actionnaires insatiables qui n'hésitent pas à ruiner la vie de milliers de gens juste pour s'en mettre un peu plus dans les poches. Mais finalement, mes début dans mon projet de reconversion ont été difficiles. Je ne m'étais pas rendue compte que je m'étais formatée au monde du privé et que de changer de vie professionnelle serait aussi compliqué.

 Chacun doit faire son propre chemin et sa propre expérience, se réconcilier avec son moi profond et faire la paix avec soi-même pour que son corps et son esprits vivent à nouveau en harmonie.

 

Le livre du Dr Dransart fait apparaître que la plupart du temps, les cancers ne se placent pas par hasard dans telle ou telle partie du corps. Mon cancer avait démarré au sein droit et avait métastasé sur les os et au cerveau. J'ai donc consulté les parties du livre qui expliquent ce que le corps veut dire lorsqu'ils se placent à cet endroit. J'ai été bleufée de me reconnaître et de reconnaître aussi certains de mes amis dans la description des profils correspondants au cancer qu'ils ont développé. Pour ceux et celles qui seraient intéressés, je vous résume rapidement les types de cancer avec les types de profils, mais je vous encourage vivement à la lecture du livre qui est une mine d'outils pour comprendre, apréhender et guérir de la maladie.

1) Le cancer du sein:

"Symbole de maternité et de don", le problème de "reconnaissance" de la valeur de la femme est souvent en cause. Des différences subsistent cependant selon que le sein droit ou le sein gauche soit impliqué. Le sein gauche, côté du coeur est "impliqué lorsqu'une difficulté se produit dans un couple ou un enfant, souvent un garçon." Le sein droit est souvent impliqué lorsque "la reconnaissance a été blessée", au travail ou avec une figure maternelle (soeur, fille, mère). Ces causes se retrouvent dans plus de 70% des cas.

2) Le cancer de la prostate:     

Dans 80% des cas, ce cancer fait écho à une douleur morale impliquant un lien de filiation et l'image du père qui est abîmée. 

3) Le  cancer du rectum et de l'anus:

Il apparaît très souvent lorsqu'il y a un manque de reconnaissance dans le cadre du travail. Il peut y avoir un évènement ou la personne se sent diminuée, dégradée, sous estimée.

4) Le cancer des poumons:

Respirer la santé, c'est ce qui est mis à mal lors de ce cancer. Les poumons sont "sensibles à la tristesse", et peuvent entrer en raisonnance lorsque l'on se sent subergé, que l'on a l'impression de ne plus pouvoir respirer après un choc brutal, un évènement qui nous fait perdre nos repères. Les respirations profondes et en pleine conscience peuvent aider, avec la méditation et le yoga.

5) Le cancer du cerveau: 

C'est le poste de pilotage du corps. Il est touché lorsqu'on perd le contrôle des évènements, de sa vie. Les personnes touchées ont l'habitude de contrôler leurs émotions et on un besoin de garder la maîtrise des évènements.

6) Le cancer de la peau:

Enveloppe douce et protectrice, la peau symbolise une coque protectrice qui est comme fissurée symboliquement lorsque par une tâche suspecte qui se manifeste fait écho à un évènement douloureux passé. Une faille dans l'identité corporelle et psychologique de la personne se manifeste.

7) Le cancer de l'utérus:

C'est le nid où se passe la rencontre entre la gamette femelle et male qui va donner la vie. Souvent elle est liée au sentiment de frustration et d'impuissance de pouvoir faire, et donc de pouvoir créer quelque chose dans le cadre familial.

8) Le cancer de l'ovaire:

Endroit de la procréation par excellence, cela se manifeste lorsqu'il y a une grave difficulté avec un enfant, ou une remise en question d'un désir de procréation.

9) Le cancer de l'estomac:

Il se produit après un choc emotionel qui peut avoir un lien avec le cordon ombilical et le lien qui unit une mère à ses enfants ou un enfant à sa mère.

10) Le cancer de la thyroïde:

Cela vient souvent d'une "parole rentrée", des non-dits, qui finissent par empoissoner l'existence de ceux qui n'ont pas su exprimer quelque chose.

11) Le lymphome:

Chargé de transporter les petits soldats de la défense immunitaire, c'est souvent symptomatique d'une incapacité à se défendre, tout comme la défense immunitaire est mis à mal, la défense de soi est rendue difficile. "C'est une colère froide, rentrée." 

12) Le cancer de la vessie:

Il résulte souvent d'une difficulté à marquer notre territoire, souvent pour des hommes d'âge mûr, à la retaite.

13) Le cancer des os:

On s'appuie sur eux, ils sont atteints lorsque l'on se sent dévalorisé, que l'on a perdu sa place, socialement. Une perte de confiance en soi se produit souvent.

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